Le Grand Large*** Belle-Ile-en-mer

L’hôtel du Grand large est une bâtisse qui date du début du 20èmesiécle, ancienne résidence secondaire transformée en hôtel familial dans les années 60. L’établissement a été racheté en 2007 par messieurs Yvan Chelly et Dominique Merchez, passionnés de Belle-Ile depuis de nombreuses années. Séduits par le lieu, les deux propriétaires avaient pleinement conscience, dès leurs arrivés, de la nécessité d’un positionnement exemplaire sur le plan environnemental, pour s’accorder avec la particularité d’un site naturel d’exception et classé en zone littorale.

Tout en cherchant à redonner une harmonie au bâtiment, respectant son architecture d’origine, en réorganisant le jardin pour qu’il se fonde au mieux avec les essences de la lande, nous avons engagé une démarche éco-responsable avec l’équipe de l’établissement.

Belle-Ile-en-Mer est en effet un territoire apprécié pour son caractère sauvage et son environnement. Mais le tourisme a un impact important qu’il est nécessaire de maîtriser. En été, la population de l’ile atteint environ 45 000 personnes contre 5 000 personnes en hiver. Chaque période de vacances ou de longs week-ends correspondent à un pic conséquent de consommation d’énergie et d’eau. Par exemple, la consommation d’eau journalière peut atteindre 4 000 m3 en été contre 900m3 en hiver.

L’ECOLABEL européen est le seul label écologique communautaire identifiable, et applicable de la même manière en Europe. Il valorise des produits et services respectueux de l’environnement. C’est ce label que l’hôtel Le Grand large a choisi pour définir sa politique environnementale car il permet de donner un cadre de travail, d’exigence et de progression correspondant à nos ambitions.

C’est ainsi que :

en 2011, l’hôtel obtient la certification ECOLABEL européen FR/025/156.

En  2013 l’audit de suivi valide la certification et actualise un plan d’action

En 2015 l’audit de suivi valide la certification et actualise un plan d’action

En 2018 l’ECOLABEL fait évoluer son référentiel – l’Hôtel se positionne en conséquence pour suivre les évolutions.

Afin d’obtenir et conserver ce label, l’hôtel s’engage à respecter une trentaine de critères dans la catégorie services et hébergements touristiques permettant de définir une politique environnementale basée sur cinq grands principes :

  • La sensibilisation du personnel et de la clientèle aux enjeux d’une démarche éco-responsable
  • La réduction de la consommation d’énergie
  • La réduction de la consommation d’eau
  • La gestion des déchets
  • L’achat de produits biologiques et services co-responsables

C’est l’enthousiasme d’une équipe, très attachée à la préservation de l’Ile, qui a porté le projet dès le départ et le porte encore aujourd’hui. Cela a entraîné une transformation des pratiques quotidiennes de chacun qui sont aujourd’hui devenues des évidences.

Pour rentrer dans la démarche de labellisation nous avons eu plusieurs soutiens, tout d’abord celui d’une étudiante en Master qui a pu consacrer trois mois sur place pour nous aider à monter le dossier, de l’Ademe, avec des visites de conseils, des formations, de la Région Bretagne.

Les freins :

1/ Le facteur insulaire  et notre positionnement sur l’Ile génèrent des problématiques supplémentaires :

  • Par exemple pour l’énergie durable, dépendant des propositions d’énergie accessibles pour l’Ile, nous avons été contraints de rester au chauffage au fioul pour le changement de notre chaudière.
  • Il nous est difficile de trouver une solution pour l’instant pour le transport de marchandises par bateau évitant l’usage de contenants jetables (expl : caisse de polystyrène).

2/ Les coûts supplémentaires générés par le tri nous nous interroge sur les paradoxes des politiques publiques et mobilisent du temps, de l’énergie et des procédures : Sur la gestion des déchets par exemple, notre facture de ramassage d’ordure a triplé avec le tri tout comme le temps dédié du responsable maintenance pour apporter les déchets à répartir entre la déchetterie (payante à partir d’un certain volume) et le centre de tri le plus à proximité.

 

3/ Le surcoût des produits écoresponsables, des investissements sans aides ni crédits d’impôts.

Comme évoqué plus haut, c’est d’abord une envie partagée entre des propriétaires et une équipe, animés par un attachement à l’Ile, son patrimoine et sensibilisés depuis de nombreuses années à ses fragilités. Plus globalement, c'est une volonté de préserver la planète.

L’obtention d’un label porteur de sens, donnant un cadre rigoureux pour accompagner le changement de pratique correspondait aux ambitions d’excellence de l’hôtel, la volonté de monter en gamme.

Cela permettait aussi de se démarquer de certains concurrents et de se rapprocher d’autres.

Le label nous a incité à :

  • utiliser des produits d’entretien Eco labellisés
  • transformer nos habitudes et intégrer ce qui devrait être des évidences
  • renouveler nos équipements en tenant compte de leur impact environnemental
  • réduire nos consommations d’énergie

Le label est une démarche d'amélioration continue, nous devons constamment nous interroger sur le processus et ses mises en œuvre.

A propos de l'établissement

Goulphar
56360 Bangor
Bretagne
France

dmerchez@hotelgrandlarge.com

0297318092

www.hotelgrandlarge.com

Service(s) offert(s) :
  • Restaurant(s)
  • Piscine
  • Jardin


Caractéristiques du bâtiment

Nombre de lit (s) : 43

Nombre de chambre(s) : 35

Contexte : seaside

Année de construction : 1900

Surface du bâtiment (en m²) : 1723

Surface extérieure (en m²) : 12793

Surface chauffée (en m²) : 1550

Nombre d'étages : 3

Données environnementales

Labels et années de labellisation :

Le Grand Large*** Belle-Ile-en-mer est certifié ECOLABEL FR/025/156 depuis l'année 2011

Consommation d'énergie (en kWh/nuitée) : 27.36

Consommation en eau (en litres/nuitée) : 127

Description des mesures mises en place

  • Evaluer les impacts de l'établissement

    Nous avons au cours de notre labellisation engagé une importante réflexion pour transformer notre système de chauffage. L’investissement pour passer par un chauffage par pompe à chaleur n’était pas du tout rentable, même en envisageant les aides de l’Ademe. Nous avons donc fait évoluer notre système de chauffage en continuant à utiliser de l’énergie fossile (le haut de gamme au fioul) ce qui ne nous a pas permis d’avoir accès à des aides. Notre consommation sera certes réduite, nous en ferons le constat à partir de cette année mais il nous faudra plusieurs années pour amortir l’investissement.

     

    Notre suivi de consommation commence à être signifiant à partir de maintenant puisqu’il nous permet de comparer plusieurs années et l’impact sur le long terme de nos aménagements, comportements, évènements exceptionnels.

     

    Nous devons être vigilants sur la consommation d’eau. Nous avons un problème de débit difficile en basse saison qui augmente notre consommation du fait de notre position, en bout de ligne, sur l’Ile.

     

    Nous sommes passés à 100% d’utilisation de produits écologiques en privilégiant un fournisseur labellisé qui nous a installé des centrales de dilution pour une utilisation au plus précis des produits pour le lave vaisselle, la lessive, le nettoyage quotidien réduisant les volumes des produits utilisés.

     

    L’équipe permanente, impliquée dans le processus a en charge de former les saisonniers et les stagiaires, les apprentis. Une pratique s’est petit à petit installée qui devient une évidence autant pour l’établissement que pour leurs usages domestiques. Elle induit une exigence du personnel vis-à-vis des fournisseurs qui sont de plus en plus incités à trouver des solutions pour réduire leurs impacts écologiques : bouteilles consignées, traçabilité des produits, produits et services certifiés…

     

    Les clients de l’hôtel ne peuvent ignorer notre démarche, compte tenu de la communication déployée (affichage dans les chambres, chevalet dans la salle de bain, échange à la réception, etc..). Il nous est cependant difficile de percevoir les incidences de cette politique environnementale sur leur choix et la relation qu’ils entretiennent avec nous. Nous observons cependant, au fil du temps, une diminution des réclamations, une plus grande attention de leur part aux déchets du pique-nique, etc.

  • Engager les employés

    L’ensemble du personnel est formé dès son arrivé dans l’entreprise.

    Un livret leur est remis, présentant la politique environnementale, les procédures, des conseils de communication en direction du client et l’organisation pour le suivi de l’Ecolabel.

    Les consignes de maintenance, nettoyage, etc. sont affichées dans chaque zone de travail.

    Nous avons créé un jeu qui peut être mobilisé pour les saisonniers.

  • Engager les clients

    Dans chaque chambre, sont disposés plusieurs chevalets d’informations sur les eco-gestes.                                                                                                     

    Dans la salle de petit-déjeuner, une information est apposée contre le gaspillage alimentaire.

    A l’accueil de l’hôtel des informations sont disponibles sur la protection de l’Ile et l’ECOLABEL

    Il est proposé au client de remplir un questionnaire à l’accueil dédié à l’Ecolabel

    Concernant la politique en matière de transport : un service de location de vélo leur est proposé, des informations sur le site et à l’accueil sont proposées (horaire de bus, destination pédestre,…)

  • Revoir sa politique d'achat

    Toute notre cuisine ainsi que nos desserts  sont fabriqués « maison » en privilégiant les produits locaux en respectant les engagements des Maîtres restaurateurs. Chaque portion est calculée avec précision pour éviter tout déchet de retour d’assiette. Par soucis d’une satisfaction client maximum et le souci d’une prestation de haute-qualité, notre indicateur est le « zéro reste » dans l’assiette.

    Le chef privilégie un partenariat fidèle qui s’inscrit dans le temps avec des fournisseurs qui connaissent ses exigences et son travail.

    Le maitre d’hôtel privilégie pour le bar et le service du restaurant des produits locaux, bio quand c’est possible, sans emballage individuel, des boissons consignées.

    Les articles de toilette jetables ne sont disponibles gratuitement qu’à la réception de l’hôtel (kit couture, kit rasage, kit dentaire, bonnet de douche, protections périodiques) pour éviter les déchets.

  • Améliorer l'efficacité énergétique du bâtiment

     

     

  • Améliorer la gestion de l'eau

     

     

Bénéfices de l'Ecolabel Européen

Bénéfices économiques

Pour l’instant, nous n’avons pas fait d’économie sur nos factures et nos achats, au contraire : plus de manutentions, plus de taxes sur le tri, des produits plus chers.  

Notre fréquentation a augmenté mais cela vient surtout du fait que nous avons amélioré la qualité et la diversité de nos différentes prestations avec une équipe passionnée et motivée.

Bénéfices commerciaux

 

Nous ne sommes pas actuellement plus visibles sur le marché avec l’Ecolabel. La fidélisation des clients vient surtout de l’exigence que nous portons à la qualité du service et à l’accueil de nos clients. Nous sommes encore dans une démarche de sensibilisation, d'explication.

Bénéfices environnementaux

Nous pouvons en effet surtout dire pour l’instant que nous avons réduit nos impacts sur la pollution de l’eau et réduit nos émissions de gaz à effet de serre.

Nous avons ainsi, en 7 ans, en suivant notre plan d’actions : changé de chaudière, amélioré les performances énergétiques des chambres froides, transformé plusieurs équipements en cuisine, rénové certains encadrés de fenêtres.

En discutant avec nos fournisseurs pour identifier des solutions plus respectueuses de l’environnement, nous sommes passés à quasi 100% de produits d’entretien écologique, avons développé l’achat de boissons à bouteille consignées et de produits en circuits courts et bio.

Bénéfices sociétaux

L’implication d’un tourisme responsable est déterminante pour accompagner cette transition énergétique. Sur Belle-Ile, l’équipe du Grand Large est fière d’être acteur de cette transition.

L’engagement de l’équipe a, depuis le début, motivée cette démarche et continue à la rendre opérationnelle au quotidien.

Nous regrettons cependant du peu d’appui et de valorisation de notre démarche de la part des politiques locales et nationale.